
C’est une grande première. Le lancement du kreol mauricien a eu lieu mercredi à l’école du gouvernement du Morne. Le ministre Vasant Bunwaree a, pour sa part, déclaré que la langue créole doit être standardisée. Il a annoncé la création d’une unité de son ministère qui sera chargée de corriger des textes.
A l’école le Morne, le ministre a également lancé le poster sur ‘Bridging the Gap’. Soulignons que cette année, l’un des points forts de la rentrée scolaire est l’introduction des langues kreol et bhojpuri en Standard I.
Par ailleurs, ils seront 3 487 élèves à opter pour le kreol.
Ils seront 84 professeurs, incluant 13 à Rodrigues qui enseigneront cette langue. Ces enseignants ont reçu une formation au niveau du Mauritius Institute of Education (MIE) entre août et novembre.
Pour ce qui est de la langue bhojpuri, elle sera introduite de façon orale.
Les enseignants ont déjà reçu la liste des écoles où ils enseigneront ces langues. En ce qui concerne le programme d’études du kreol morisien, c’est l’Académie kreole morisien qui est en charge. Et le Mahatma Gandhi Institute (MGI) pour le bhojpuri.
Le GTU : “Une injustice corrigée”
L’introduction de la langue créole au primaire est accueillie favorablement par le Government Teachers Union. Vinod Seegum, le président, a déclaré que le syndicat a réclamé l’introduction du créole au primaire depuis une trentaine d’années. Toutefois, il déplore l’empressement du ministère de l’Education d’introduire ce projet pilote.
Il a fait ressortir qu’un ‘crash course’ de six mois est offert aux éducateurs qui vont enseigner le créole. Il a souligné que la décision d’utiliser le créole comme médium d’enseignement n’a pas encore été arrêtée par le ministère.
Vinod Seegum a aussi commenté la rencontre du ministre de l’Education avec des dirigeants syndicaux du secteur primaire, mardi. Au cours de cette réunion, la question de parité entre le salaire des enseignants du primaire et ceux du secondaire a été discutée. Il a salué le ministre pour la tenue de cette réunion dont l’objectif était de solliciter l’avis des enseignants au sujet des procédures pour demander au Pay Research Bureau d’éliminer cette disparité.
Le président a souligné que le ministre a décidé de mettre sur pied un comité conjoint entre syndicats et enseignants pour travailler sur un dossier commun. Il a déclaré que le GTU souhaite la concrétisation de ce dossier dans les plus brefs délais et que le ministère conjointement avec le syndicat déposera ce dossier au PRB incessamment.
Vinod Seegum devait faire ressortir qu’en ce qui concerne le salaire des enseignants, il faut qu’il y ait un ‘starting salary’ et un ‘finishing salary’.
Vinod Seegum a aussi parlé de la préparation des questionnaires des autres sujets du cursus primaire en plusieurs langues, y compris le creole et se dit tout à fait contre cette idée du ministère. Il propose que ces questionnaires soient préparés dans les langues respectives dans un langage simplifié. Vinod Seegum est contre la décision du ministère de venir avec un ‘oral’ au niveau du CPE. Pour lui, une telle mesure n’est pas bonne pour faire grimper le taux de réussite. Il est d’avis qu’un enfant a besoin d’un minimum de préparation pour réussir ses examens et qu’il faut lui accorder un encadrement pédagogique pour son avenir.
Selon Vinod Seegum, le ministère a seulement concocté le curriculum de la langue créole de Std I et se demande ce qu’il en est des autres classes. Il avance qu’il faut qu’il y ait en ce moment même le ‘scaffolding’ de ce qui sera enseigné jusqu’au CPE. “No one has up to now reflected on this pertinent issue”, a-t-il martelé. Il a aussi demandé au ministère de l’Education de réfléchir sur la possibilité d’offrir à un élève le choix de deux langues optionnelles au lieu d’une seule.
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