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L’intégration sociale des groupes vulnérables stigmatisés

  • 1 Dec 2011
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Le National Economic and Social Council (NESC) a présenté au public son rapport sur l’intégration sociale des groupes vulnérables stigmatisés, préparé par la Commission des affaires sociales.
Cela s’est fait lors de la conférence de presse tenue le mercredi 30 novembre au siège du NESC à Port - Louis.

Parmi les mesures énoncées, l’implémentation d’un certificat de caractère a été un des points forts de cette présentation qui a eu lieu en présence de la commissaire de cette commission, Mme Premedah Nankoo et du président du NESC, Me. Marc Hein.

Le rapport émis par le NESC comporte des recommandations basées sur trois axes, notamment, les mesures préventives, les mesures curatives et des questions relatives aux prisons. Ces mesures, si elles sont adoptées, apporteront des changements internes à la dynamique des groupes vulnérables.

Lors de la présentation de ce rapport, Me. Marc Hein, président du NESC, a fait ressortir que l’extrait de casier judicaire, plus connu comme certificat de moralité à Maurice, est un des facteurs qui sera traité dans la plus grande urgence. En effet, ce certificat sera revu afin qu’il y soit décrit, à juste titre, différent degrés de criminalité. Le Président du NESC a aussi parlé d’un certificat de caractère qui serait beaucoup plus approprié dans ce contexte. « Cette mesure qui consiste a donner le certificat de moralité a ceux qui ont un casier judicaire vierge deviendrait le certificat de caractère qui permettrait ainsi a ceux ayant commis des offenses mineures de s’en sortir et de pouvoir trouver du travail plus tard. »

Jonathan Ravat, Chef de Département d’Etudes Sociales, Institut Cardinal Jean Margeot et membre du NESC a tenu à préciser que « ce rapport est le fruit d’un travail assidu sur le terrain et nous apportons des solutions pratiques et réalisables. » Les membres du NESC ont poursuivit leurs présentations en soulevant les points suivants qui figures dans le rapport :

Enlever les incohérences légales

Entre autres, c’est une révision des textes de lois du Dangerous Drugs Act 2000 et du HIV/AIDS Act 2006 que propose le NESC afin d’harmoniser ces deux lois de manière à ce que les toxicomanes qui emmènent des seringues utilisées aux centres de distribution ne soient pas arrêtés par la police. Le but est d’assurer une meilleure collecte et destruction des seringues utilisées afin d’enrayer la propagation du virus VIH dont la source de la propagation principale et l’échange des seringues.

Revoir la politique d’imposition des peines

Le NESC propose, par exemple, que pour les infractions mineures, ceux ne pouvant s’acquitter de leurs amendes ne devraient pas être systématiquement envoyés en prison. Ils devraient avoir la possibilité de payer leur amende à travers des travaux communautaires par exemple. Il est d’ailleurs nécessaire de fournir une approche structurée pour déterminer les peines appropriées pour une infraction criminelle et d’assurer la discrétion juridique. Le NESC suggère également l’introduction d’un système de bracelets électroniques pour ceux qui ont été impliqués dans des infractions mineures et/ou sont incapables de payer leur caution pour la libération temporaire et ce, bien sur dépendant de l’infraction commise.

Sensibilisation, éducation et développement du citoyen

Une solution à long terme proposée par le NESC concerne l’éducation. Selon le conseil, le système actuel est trop axé sur la compétition et l’élitisme. Des valeurs devraient leur être inculquées pour qu’ils deviennent de bons citoyens. La sensibilisation aux risques liés à la drogue, à l’alcool ou aux rapports sexuels non-protégés devrait faire partie de l’éducation de tous les enfants et des spécialistes devraient se rendre dans les écoles pour des séances de sensibilisations. De plus, les enfants en situation de rue et plus spécifiquement venant de familles défavorisées et stigmatisées devraient avoir à leur disposition des centres spécialisés travaillant en étroite collaboration avec le Mauritius Institute of Training and Development (MITD) et le Mauritius Institute of Education (MIE).

Par ailleurs, il s’avère aujourd’hui nécessaire d’avoir une bonne connaissance des outils informatiques si l’on veut maximiser ses chances pour trouver un emploi.

Création d’abris de nuit

Grâce à ces abris de nuit, les plus démunis et ceux qui se retrouvent à la rue auront de quoi se nourrir et un endroit convenable où passer la nuit. Il existe actuellement de tels centres pour les hommes, mais rien de la sorte pour les femmes ou les jeunes.

Création d’un réseau pour les ONGs et d’une base de données en ligne

Grâce à cette base de données, un gaspillage de ressources peut être éliminé. Par exemple, les personnes stigmatisées recevant des soins auront une fiche médicale qui pourra être consultée par les ONGs qui aident ces groupes vulnérables de manière à avoir un meilleur suivi. Le conseil estime ainsi que le ministère de l’intégration sociale pourrait initier un projet visant à intégrer les ONG afin qu’elles aident directement les personnes vulnérables et stigmatisées.

Création d’un « One-Stop Support Centre »

La fonction de ce centre est d’accueillir n’importe quelle personne abandonnée ou en détresse. Parmi les rôles de ce centre, la formation et le placement en entreprise devrait être une priorité.

Par rapport aux détenus et ex-détenus, le NESC propose une série de mesures, comme notamment le développement de talents et du leadership (les équipes en charge dans les prisons devraient suivre des formations afin de pouvoir encadrer les prisonniers dans diverses activités et surtout pour maintenir la sécurité), le travail pour les prisonniers (les rémunérations pour les travaux effectués par les prisonniers serviraient à indemniser les victimes ou leurs familles pour les préjudices causés), l’aide aux détenus avant leur sortie, la mise en place de soins médicaux (Ceci pourrait assurer aux prisonniers et plus précisément a ceux atteints du virus VIH, de bénéficier de facilites médicales au sein même des prisons), la thérapie par la méthadone pour les prisonniers (il serait bon d’utiliser un traitement de substitution tel que celui à la méthadone pour soulager les prisonniers dépendants de substances illicites) et enfin des mesures pour leur employabilité (retrouver un emploi, est le meilleur moyen pour les ex-détenus de se réinsérer dans la société et de regagner une auto-estime d’eux-mêmes).

Il est aussi important que l’accent soit mis sur les aspects humains tels que le respect de soi-même, d’autrui et le renforcement des liens familiaux.

Le NESC est d’avis que responsabiliser les détenus et les aider à se réinsérer dans la société est la meilleure solution pour diminuer le taux de récidivisme.

Ce rapport, commandité par le ministre Xavier Luc-Duval, alors ministre de l’Intégration sociale, concerne les préjugés et les problèmes que rencontrent les personnes vivant dans des situations difficiles liées aux fléaux sociaux et qui se retrouvent ainsi exclues de la société. Les personnes visées par cette étude sont les ex-détenus, les toxicomanes, les travailleurs du sexe et les personnes atteintes du VIH-SIDA. Si le rapport prend en compte les différents facteurs liés à l’exclusion, de la classe sociale au cadre légal de Maurice, certains faits sautent aux yeux. Par exemple, se basant sur des chiffres officiels, le taux de récidivisme à Maurice est de 85% ; sur 3500 détenus en 2010, 3000 sont des récidivistes.

Me. Marc Hein, a ajouté qu’ « il est important de lutter contre l’exclusion sociale tout d’abord en élaborant des solutions mais surtout en les appliquant. Notre rôle principal est de réfléchir ensemble à un avenir meilleur, surtout en ces jours où la société devient de plus en plus individualiste et tend à rejeter les individus en situation précaire ou ceux ayant par le passé mené un parcours sombre.» Le Conseil du NESC espère guider les autorités afin de pouvoir aider les personnes souffrant de stigmatisation.

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