
Malgré des résultats plombés par les effets de la crise et de l’énvolée du prix du carburant, Air Mauritius maintient le cap et poursuit son développement sur le long terme.
La situation économique mondiale s’est considérablement dégradée au cours du deuxième trimestre de l’exercice en cours. L’épisode de la dette américaine, puis des dettes européennes a durement secoué des économies encore convalescentes. En Europe, la plupart des pays de l’UE, dont en particulier les plus importants marchés d’Air Mauritius (France, Royaume-Uni, Italie…), annoncent plans de rigueur sur plans de rigueur. La confiance des consommateurs est en berne - ceux-ci diffèrent ou renoncent ainsi de plus en plus à leurs dépenses de confort ou de loisirs.
Ce contexte déprimé affecte au premier chef les secteurs du tourisme et du voyage. Très dépendante de ces secteurs, Air Mauritius se trouve ainsi fortement exposée. L’équilibre financier de la compagnie est de surcroît confronté à la hausse des prix du carburant et la volatilité des aux de change, encore aggravées par l’approfondissement de la crise.
Des résultats semestriels affectés par le ralentissement économique du 2ème trimestre
Après être parvenue, grâce à une gestion rigoureuse, à maintenir un résultat stable au 1er trimestre par rapport à l’exercice précédent, correspondant pourtant à la traditionnelle saison basse, la compagnie enregistre une détérioration de ses résultats au 2ème trimestre affichant un résultat net négatif de 6,3 millions d’euros contre un bénéfice de 4,8 millions d’euros pour l’exercice précédent. Pour l’ensemble du semestre, la compagnie affiche, par conséquent, un résultat net négatif de 17,7 millions d’euros, contre un résultat net négatif de 6,8 millions sur l’exercice précédent. Le secteur fret affiche une bonne croissance au 2ème trimestre de 6,7% soit 8,175 tonnes alors que le fret mondial continue à s’effondrer.
Des résultats amortis par l’attractivité confortée de la compagnie et le succès de l’augmentation de son offre
Anticipant les difficultés économiques, notamment sur ses marchés historiques, Air Mauritius avait rééquilibré sa croissance sur les pays émergents, avec une capacité additionnelle de plus de 35,000 sièges au 2ème trimestre par rapport à l’exercice précédent.
Ainsi, le nombre de passagers transportés est en augmentation, aussi bien au 2ème trimestre (+4,4% avec 336,391 passagers) que sur l’ensemble du semestre (+3,8% avec 608,750 passagers). Avec des taux de remplissages stables, de 78,6% pour le 2ème trimestre et de 76,5% pour l’ensemble du semestre, la compagnie fait la démonstration de la pertinence de sa stratégie commerciale et de la gestion de sa flotte.
Au 2ème trimestre, les recettes de la compagnie font ainsi un bond de 8,9% pour atteindre 116 millions d’euros - toutefois insuffisant pour amortir le choc d’une augmentation des coûts de 14,5 million d’euros, soit +14,8% par rapport à l’exercice précédent, principalement dû à l’augmentation de 45% du prix du carburant.
Sur l’ensemble du semestre les recettes augmentent de 8,3% pour atteindre 208,9 millions d’euros alors que les coûts augmentent de 32,9 millions d’euros, soit +18,5% par rapport à l’exercice précédent – la facture carburant étant alourdie de 24,8 millions d’euros.
Perspectives pour la fin de l’exercice
Avec une nouvelle aggravation, la crise économique mondiale semble s’installer dans la durée. L’Europe, notre marché principal étant dans une situation des plus précaires. Les arrivées touristiques du vieux continent affichent des taux de croissance modestes et même des décroissances sur des marchés importants tels l’Italie et le Royaume Uni. Le marché français, principal marché pour l’île Maurice et Air Mauritius, donne également des signes d’essoufflement.
Le rééquilibrage de la croissance effectuée depuis plus de deux ans sur les pays émergents tels que l’Inde, la Chine, l’Afrique du Sud et l’Australie porte ses fruits mais reste encore modeste par rapport au poids de l’Europe.
Air Mauritius doit en plus faire face à un carburant très cher, une volatilité des taux de change, notamment celui de l’euro/dollar, et une concurrence accrue avec pour effet immédiat une dégradation de la recette unitaire. L’IATA, qui tire la sonnette d’alarme depuis déjà quelques mois, prévoit une fin d’année 2011 et une année 2012 encore plus difficile et incertaine.
Air Mauritius s’est engagé dans une révision de son modèle économique, pour affronter non seulement les conséquences de la crise sur le secteur aérien, mais aussi sur le secteur du tourisme mauricien dans son ensemble, afin de jouer pleinement et durablement son rôle de partenaire stratégique de l’économie nationale.
C’est ainsi que, même confrontée à des défis jamais rencontrés auparavant, la compagnie maintient son programme de vols, accentue ses efforts sur tous les marchés émetteurs et consolide ses partenariats. « L’ensemble des équipes d’Air Mauritius est plus que jamais mobilisé pour affronter ces défis » souligne la direction de la compagnie nationale d’aviation de l’île Maurice.
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