
A J-1 de la présentation du budget 2012 qui établira les grandes lignes du développement économique et social du pays dans un contexte difficile marqué par la crise financière, Le Matinal met en lumière les attentes des différents acteurs économiques. Syndicats et patronat misent énormément sur le premier budget de Xavier-Luc Duval, vice-Premier ministre et ministre des Finances, pour la relance de l’économie locale.
A la Mauritius Employers Federation (MEF), on s’appuie sur six axes prioritaires qui sont : la facilitation du commerce, la sauvegarde et la création d’emplois, les petites et moyennes entreprises (PME), les lois du travail, la formation et la responsabilité sociale des entreprises.
Des mesures pour assurer la croissance
Pour Clency Appavoo, président du corps patronal, il est important que le Grand argentier travaille à fond sur les pour assurer la croissance économique.
Les propositions principales de la MEF s’établissent donc comme suit : réduire la bureaucratie pour faciliter le climat d’affaires, créer un ‘Special Youth Skills Development’, introduire l’’enterprise education’ dans les programmes scolaires et instituer un ‘Special Management and Productivity Improvement Programme’ pour améliorer la gestion et la productivité au sein des PME.
Tout comme la MEF, le Joint Economic Council (JEC), souhaite un assouplissement des procédures administratives pour faciliter le commerce à Maurice. Louis Rivalland, président de cet organisme, présente une situation plus ou moins alarmiste. Il est, en effet, d’avis que Maurice se retrouve dans une situation stagnante en termes d’investissements depuis ces deux dernières années.
L’extension de l’ERCP
Les points saillants formulés par le JEC dans le cadre de l’exercice budgétaire sont les suivants : l’exclusion du ‘CSR levy’ de 2 % afin de maintenir un taux d’imposition uniforme de 15 %, l’abolition de la ‘Capital Gains Tax’, l’exclusion des dividendes dans le calcul du CSR Fund, la suspension de l’Environment Protection Fee jusqu’en 2013, la baisse du Repo Rate, la continuation des mesures adoptées dans l’ERCP, le prolongement des réformes en matière d’harmonisation fiscale, l’adoption d’une politique de sécurité nationale et le soutien renforcé aux PME.
La Mauritius Export Association (MEXA) se prononce en faveur d’une extension du Stimulus Package pour permettre aux entreprises de faire face à la situation financière difficile. De plus, elle souhaite que les investissements sur les équipements destinés à la production soient exemptés de la TVA.
Dans le camp syndical, on insiste sur l’introduction d’un salaire minimum de Rs 12 000. Une proposition toutefois rejetée par le ministre des Finances. Xavier-Luc Duval a renvoyé la balle dans le camp du ministre du Travail Shakeel Mohamed, faisant ressortir que cette proposition sera discutée au sein du National Tripartite Forum.
Les autres propositions à retenir sont : la création d’une banque pour les PME, l’introduction d’un ‘Portable Severance Allowance Fund’ pour les travailleurs ainsi que l’exemption de la TVA sur les produits utilisés couramment.
Micro-trottoir sur le budget
Qu’attendent les Mauriciens du budget 2012 ? Pensent-ils que le ministre des Finances présentera un bon budget en dépit de la situation économique difficile ? Quels sont les secteurs où doit s’appesantir Xavier-Luc Duval pour stimuler la croissance éconcomique ? Pour bien comprendre les attentes des Mauriciens, Le Matinal a recueilli les opinions de
Karène : “J’espère que les taxes vont diminuer ainsi que le prix des produits alimentaires.”
Yassine : “Ce budget ne sera pas trop bon. Certains produits qu’on utilise sont en constante augmentation, notamment le gaz ménager et la farine.”
Jean Noël : “Je souhaite que ce budget soit favorable aux personnes au bas de l’échelle sociale et que tout le monde puisse manger à sa faim. Afin de relancer l’économie, il faudra revoir notre investissement, créer de l’emploi et réduire le nombre de travailleurs étrangers dans le textile et dans la construction. Il faudra investir dans les PME.”
Mme Jadoo : “Il faut réduire le prix des produits alimentaires comme le lait et le fromage.”
Mustapha : “Je pense à tous les ministres des Finances qui ont occupé ce poste, chacun a présenté son budget, mais pour nous, consommateurs, nous avons trouvé, après chaque budget, que tous les prix commencent à grimper le lendemain même. Pour nous, tous les budgets se ressemblent. Nous n’attendons pas grand-chose de surprenant. Ce qui serait le plus important, c’est que le budget soit en faveur des consommateurs. La consommation même est numéro un.”
Sheik Hussain : “Les denrées alimentaires sont trop chères. Il faut relancer le tourisme. Il y a un manque à gagner dans ce secteur. Spécialement des infrastructures pour les accueillir, notamment l’installation de plus de toilettes sur les plages. A part les hypermarchés il faut aussi d’autres activités pour eux.”
Kavita : La vie est difficile si vous n’avez pas de bons revenus. On ne peut pas faire face aux dépenses scolaires et celles des leçons particulières.
Tina : “Lorsque nous achetons, tout ne fait qu’augmenter. Le gouvernement nous a accordé une petite compensation. On ne sait pas s’il va nous la reprendre avec la TVA.”
Nathalie : “Je n’attends pas grand-chose de ce budget. Quand nous faisons des achats, il n’est pas évident, les produits alimentaires sont extra chers, notamment les denrées de base. J’espère aussi que ce budget prendra en considération les œuvres charitables et sociales. Je souhaite que le gouvernement prendra en considération des projets sociaux, les centres de réhabilitation et les centres pour les enfants.”
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