
Le Soudan a décidé de libérer des tankers sud-soudanais dans un geste de bonne volonté pour tenter de débloquer les négociations dans l'impasse avec son voisin du Sud sur le partage des revenus du pétrole, a annoncé samedi un responsable gouvernemental à Addis Abeba.
"Nous sommes prêts à continuer les discussions, et pour le prouver (...) nous libérons les navires dans le port," a affirmé un membre de la délégation soudanaise chargée des négociations, Saïd Khatib.
Trois navires, transportant au total 2,2 millions de barils, étaient retenus par Khartoum dans la ville de Port-Soudan, selon les autorités soudanaises.
Le partage des revenus pétroliers entre le Soudan du Sud, qui dispose de la majeure partie des réserves, et le Soudan, qui contrôle les infrastructures indispensables à l'exportation du brut, plombe les relations entre les deux pays depuis l'indépendance proclamée en juillet par le Soudan du Sud.
Juba accuse Khartoum de lui avoir volé 815 millions de dollars (620 millions d'euros) de brut. Le Soudan répond n'avoir prélevé, en pétrole, que de quoi compenser les droits de passage du brut sur son territoire, et l'utilisation de ses raffineries.
"Nous avons commencé à prendre l'équivalent de ce que nous avons facturé au Soudan du Sud, pas un centime de plus," a déclaré le responsable soudanais devant la presse dans la capitale éthiopienne, où l'Union africaine joue les médiateurs dans la crise entre les deux pays.
Il y a une semaine, le gouvernement sud-soudanais avait ordonné la suspension de toute sa production pétrolière pour protester contre la ponction d'une partie de son brut lors de son transit sur le territoire du Soudan. Pour Juba, cette ponction constitue un "acte de piraterie d'Etat sur des biens en transit et une violation grave du droit international".
Eux-mêmes réunis vendredi à Addis Abeba, les présidents soudanais, Omar el-Béchir, et sud-soudanais, Salva Kiir, n'ont pas réussi à trouver une solution au contentieux qui les oppose.
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