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Mesures anti-Roms: Bucarest veut coopérer mais demande des "clarifications" à Paris

29 Jul 2010

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BUCAREST (AFP)
Des Roms sont agenouillés devant des CRS chargés de les expulser, le 6 juillet 2010 au campement du Hanul à Saint-Denis.

Les autorités roumaines se sont déclarées "prêtes à coopérer" jeudi avec la France pour résoudre les problèmes liés aux Roms, tout en demandant des "clarifications" sur les mesures envisagées par Paris.

"Les questions de la sécurité des citoyens et du respect de la loi font surface régulièrement et devraient être abordées de manière rationnelle, sur la base d'une coopération réelle entre Etats", a déclaré le ministre roumain de la Justice Catalin Predoiu, cité par l'agence Mediafax.

"Coopération ne signifie pas utiliser des bulldozers pour détruire des campements et blamer publiquement la Roumanie, mais dépenser de l'argent pour la réinsertion sociale également dans les pays d'accueil", a-t-il ajouté.

Le ministre de la Justice roumain Catalin Predoiu à Bucarest le 23 juillet 2008

Le ministère des Affaires étrangères a pour sa part indiqué à l'AFP être "ouvert à une poursuite de la coopération avec la partie française, aussi bien en matière policière qu'en termes de projets visant l'inclusion sociale".

Le ministère a toutefois précisé avoir "demandé des clarifications" à Paris sur les mesures préconisées, afin d'"évaluer la compatibilité de ses décisions avec la législation européenne".

"La situation des personnes qui commettent des délits dans les Etats de l'UE doit être abordée sans avoir recours à des stéréotypes et surtout pas sur des bases ethniques", a estimé le ministère.

Bucarest a également appelé à "l'identification par les Etats membres et la Commission européenne de solutions communes, complémentaires aux efforts nationaux, dans des domaines tels l'éducation, la formation professionnelle, la santé et le logement".

Des gens du voyage prennent leur repas, le 23 juillet 2010 au Cap d'Agde, sur un campement de gens du voyage sur un terrain qu'ils occupent illégalement depuis 15 jours et dont ils sont expulsables par décision de justice à partir du samedi 24 juillet.

"La solution à la situation socio-économique difficile à laquelle sont confrontés les Roms réside dans leur inclusion sociale dans les sociétés où ils vivent, aussi bien dans leur pays d'origine que dans les pays d'accueil, dans le strict respect des droits de l'Homme", a souligné le ministère.

La Commission européenne a donné jeudi son assentiment à la décision du gouvernement français d'intensifier sa politique de démantèlement des camps illégaux de Roms et d'expulsion des délinquants vers la Roumanie et la Bulgarie.

"Les lois européennes sur la libre circulation des citoyens européens donnent le droit aux Etats membres (de l'UE) de contrôler leur territoire et de lutter contre la criminalité", a souligné le porte-parole de Viviane Reding, commissaire chargée de la Justice et des droits fondamentaux des citoyens.

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