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L’eau ne coulera pas à flots pour les fêtes de fin d’année

21 Dec 2006

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“Dilo pu arete 9 her.” Refrain connu pour réalité sous-estimée. Cette période de fêtes sera marquée par des coupures d’eau à travers le pays. Et les mesures déjà en vigueur pour ne pas épuiser nos réserves en eau seront maintenues.

“Actuellement l’alimentation en eau se fait entre 3 et 9 heures, et plus tard entre 15 et 21 heures pratiquement à travers toute l’île”, explique Harry Boolauck, directeur de la Central Water Authority (CWA). Celle-ci comptait, à un certain moment, restreindre l’alimentation à une seule tranche par jour au lieu de deux. Mais elle a finalement décidé de continuer avec le plan actuel, et ce au moins jusqu’à la fin de l’année. Les camions-citernes seront donc utilisés uniquement dans les localités où ils font déjà des rondes de distribution.

En fait, les taux de remplissage des réservoirs ne permettent pas une alimentation constante (voir encadré). Ils n’ont heureusement pas encore atteint le seuil critique. Mais les nappes phréatiques, tout aussi bien que les réservoirs, sont en manque d’eau. Ces nappes souterraines procurent 55 % de notre alimentation, c’est-à-dire plus de la moitié.


Rationnement dans l’agriculture

Actuellement, le niveau d’eau de ces nappes est inférieur à 20 % par rapport au taux de remplissage pour la même période l’année dernière. “Tous les taux de remplissage sont inférieurs à la moyenne habituelle pour la saison sèche”, confirme Harry Boolauck.

La baisse du niveau d’eau pose aussi problème en termes de pompage. Plus le niveau est bas, plus il est difficile de pomper l’eau. Un problème à la station de pompage de Holyrood est même attribué à cette baisse. Une pompe aurait brûlé car le niveau d’eau à cette station était trop bas pour le pompage.

Pour l’agriculture, le rationnement est aussi de mise depuis six semaines déjà. Le plus grand périmètre impliqué est la région du nord de l’île, où 4 000 hectares sont sous culture. Ces terrains sont alimentés par le réservoir de La Nicolière, qui dépend à son tour du Midlands Dam. Ce dernier n’est actuellement rempli qu’à 52 %. Et la quantité d’eau attribuée à ces 4 000 hectares a été réduite de moitié depuis le début de novembre. “Un rationnement de 50 % a été décrété par le ministère des Services publics et ce rationnement est maintenu”, explique Nitiraj Toolsee, directeur général de l’Irrigation Authority. En temps normal, le quota quotidien d’eau pour cette région est de 150 000 mètres cubes. Et désormais, la quantité d’eau allouée au quotidien a été fixée à 75 000 mètres cubes.

“Il faut pomper l’eau à un débit bien plus inférieur mais irriguer plus longtemps”, souligne Nitiraj Toolsee. Les planteurs doivent donc passer plus de temps dans les champs afin de minimiser l’impact de la sécheresse sur les cultures. Pour ceux qui utilisent le méca-nisme d’irrigation du goutte-à-goutte, l’alimentation en eau se fait tous les deux jours.


Une dizaine de cyclones

Pour l’irrigation, la région la moins touchée est l’Ouest, grâce au Centre de traitement de St.-Martin. Cette région est alimentée par les canaux de La Ferme et de Magenta et le centre de traitement. Un mélange entre l’eau traitée de St.-Martin et l’eau douce des canaux assure une alimentation plus constante dans la région. L’Irrigation Authority prévoit de maintenir les mesures déjà en place au moins jusqu’à la fin de l’année.

Les pluies sont maintenant vivement attendues. Une quantité importante d’eau est requise afin de pouvoir remonter le niveau d’eau de nos réservoirs et celui des nappes phréatiques. La pluviométrie de ce mois décembre n’a pour l’instant rien auguré de bon. De plus, aucun cyclone n’est attendu pour Maurice dans l’immédiat. Les deux premiers cyclones de la saison, Anita et Bondo, n’auront pas affecté Maurice.

“On prévoit la formation d’une dizaine de cyclones pour la saison cyclonique. Par rapport à la pluie, nous n’en avons pas eu beaucoup pour les mois d’octobre, de novembre et pour la première partie de décembre. Pour la deuxième partie de décembre, on attend des pluies localisées”, fait ressortir Soobaraj Sok Appadu, directeur de la Mauritius Meteorological Services.

L’eau sera donc rationnée pendant les festivités de fin d’année. Mais avec un peu d’organisation et de bonne volonté, tout le monde devrait s’en sortir. Reste cependant le spectre d’une sécheresse prolongée. Viendra après l’euphorie du Nouvel An, le temps d’attendre la pluie.

Sharon SOOKNAH

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